La plupart des services de garde se disent axés sur le jeu, et la plupart des familles approuvent d'un signe de tête. Mais à quoi cela ressemble-t-il vraiment un mardi matin, avec onze tout-petits, un pot de peinture renversé et un enfant qui ne veut parler que de camions à ordures? L'apprentissage par le jeu, ce n'est pas l'absence de plan. C'est un autre genre de plan, qui part des enfants et qui s'appuie sur le fait que le jeu est largement reconnu comme central dans la façon dont les jeunes enfants apprennent.
Commencer par l'environnement
Dans un local axé sur le jeu, l'environnement fait une grande partie de l'enseignement. Avant l'arrivée des enfants, les éducatrices décident de ce qui est sorti, de l'endroit où c'est placé et de ce que cela invite les enfants à faire.
- Des coins clairs et accessibles. Blocs, jeu symbolique, arts, livres, matériel sensoriel et un coin calme, chacun avec des étagères basses que les enfants peuvent atteindre sans aide.
- Du matériel ouvert. Les matériaux libres, comme des anneaux de bois, du tissu, des cocottes de pin, des tubes et des pelles, peuvent devenir n'importe quoi. Un jouet en plastique qui ne fait qu'une chose suscite généralement un seul type de jeu.
- Moins d'objets, renouvelés souvent. Une étagère encombrée est difficile à utiliser. Sortez-en moins et changez le matériel au fil des intérêts.
- De la place pour s'étaler. Une construction de blocs qu'il faut ranger après dix minutes apprend aux enfants à ne pas construire grand. Quand c'est possible, laissez les projets en place un jour ou deux.
Suivre les intérêts des enfants
Le cœur de l'apprentissage par le jeu, c'est de remarquer ce qui attire les enfants et de s'en servir comme point de départ. L'enfant passionné par les camions à ordures vous dit quelque chose. Vous pourriez ajouter des camions jouets au coin des blocs, lire un livre sur le recyclage, trier des contenants propres selon leur matière, ou vous approcher de la fenêtre le jour de la collecte pour compter les bacs.
Un rythme simple aide :
- Observer. Que font les enfants, que disent-ils, vers quoi reviennent-ils?
- Se questionner. Qu'essaient-ils peut-être de comprendre? La cause et l'effet? L'amitié? Le grand et le petit?
- Proposer. Ajouter un matériel, une question ou un petit défi qui enrichit le jeu.
- Réfléchir. Est-ce que ça a pris? Est-ce que c'est tombé à plat? Les deux réponses sont utiles pour demain.
Les intérêts peuvent être passagers ou durer des semaines. Dans les deux cas, c'est très bien. Votre planification doit être assez souple pour laisser tomber une idée qui n'a pas fonctionné et pour poursuivre celle qui a porté fruit.
Le rôle de l'éducatrice
Axé sur le jeu ne veut pas dire sans intervention. Au cours de la journée, les éducatrices et éducateurs passent d'un rôle à l'autre, souvent en quelques minutes :
- Observatrice. Regarder tranquillement pour comprendre ce qui se passe avant d'intervenir.
- Partenaire de jeu. Se joindre au jeu selon les règles de l'enfant, en prenant un rôle dans le restaurant imaginaire plutôt qu'en prenant le contrôle.
- Partenaire de langage. Commenter à voix haute, poser des questions ouvertes (« Qu'est-ce qui va se passer, selon toi, si...? ») et introduire de nouveaux mots en contexte.
- Accompagnatrice en résolution de problèmes. Aider deux enfants qui veulent la même pelle à trouver leur propre solution au lieu de trancher pour eux.
- Gardienne de la sécurité. Garder le risque raisonnable tout en permettant aux enfants de grimper, d'essayer et d'expérimenter.
Tout l'art consiste à savoir quand s'avancer et quand se retirer. Une bonne question au bon moment peut approfondir le jeu. Trop de questions peuvent y mettre fin.
Trouver l'équilibre entre jeu et structure
Les enfants ont tout de même besoin d'une journée prévisible. Les programmes axés sur le jeu ont habituellement un rythme constant : arrivée, longues périodes de jeu autodirigé, moments en petits groupes, repas, temps à l'extérieur, repos et transitions. C'est la structure qui rend le jeu libre sécurisant.
Quelques façons de garder l'équilibre :
- Protégez de longues périodes de jeu sans interruption. Des transitions fréquentes coupent le jeu avant qu'il ne devienne riche.
- Gardez les moments de groupe courts et liés à ce que les enfants explorent déjà.
- Utilisez des horaires visuels pour que les enfants sachent ce qui s'en vient.
- Planifiez des expériences intentionnelles, comme une nouvelle chanson ou une activité culinaire, et proposez-les comme des invitations plutôt que des obligations lorsque c'est possible.
Le cadre pédagogique de votre province guidera cet équilibre. En Ontario, par exemple, les éducatrices et éducateurs s'appuient sur « Comment apprend-on? », qui met au centre l'appartenance, le bien-être, l'engagement et l'expression. Les autres provinces ont leurs propres cadres fondés sur des valeurs semblables.
Faire connaître les apprentissages aux familles
Les parents craignent parfois que les enfants « ne fassent que jouer toute la journée ». La réponse : rendre les apprentissages visibles. Quand une famille voit une photo de son enfant qui transvide de l'eau d'un contenant à l'autre, accompagnée d'une courte note sur la mesure, la prédiction et la motricité fine, le jeu apparaît soudain pour ce qu'il est : un travail sérieux.
- Partagez de courtes observations avec une photo et une phrase sur ce que l'enfant apprenait.
- Publiez un résumé hebdomadaire des intérêts du groupe et invitez les familles à y contribuer, par exemple avec un bac de recyclage de la maison ou une anecdote sur leur propre jour de collecte.
- Profitez des conversations au départ pour faire le lien entre la maison et le service de garde : « Elle a construit une grande tour aujourd'hui et n'arrêtait pas de compter les blocs. Est-ce qu'elle compte aussi à la maison? »
- Constituez des portfolios au fil du temps pour que les familles voient la progression, et pas seulement des moments isolés.
Une petite autoévaluation
À la fin de la semaine, demandez à votre équipe : Les enfants ont-ils eu de longues périodes pour jouer? Avons-nous ajouté au moins une chose à partir de ce que nous avons observé? Chaque famille a-t-elle entendu quelque chose de précis sur les apprentissages de son enfant? Si la réponse est oui, votre programme est axé sur le jeu dans les faits, et pas seulement dans la brochure.
Comment KiddieTrac peut aider
KiddieTrac permet aux éducatrices et éducateurs de consigner des observations et des photos, de les lier aux planifications et aux portfolios, et d'envoyer des rapports quotidiens et des photos aux parents, pour que les apprentissages qui se font par le jeu se rendent jusqu'aux familles sans paperasse supplémentaire.
























